Archives mensuelles : juin 2014

Ifaas récompensé au global Islamic Economy Summit

IFAAS Group, leader international du conseil en finance islamique, a été déclaré vainqueur lors du grand concours Ethical Finance Innovation Challenge & Awards (EFICA). Cette compétition internationale, à l’initiative de Thomson Reuters et de l’Abu Dhabi Islamic Bank, avait pour objectif d’encourager, de stimuler l’innovation financière islamique et de promouvoir des solutions alliant croissance et intégrité.

L’EFICA a reçu plus de 100 candidats venant de différents pays. Durant plusieurs semaines, tous sont passés par un processus de sélection rigoureux face à un jury formé d’experts techniques et d’éminents savants (sharia scholars) spécialisés en finance islamique. Les concepteurs des trois produits finalistes ont présenté leurs travaux ce lundi 25 novembre à Dubai lors du Global Islamic Economy Summit (GIES) devant le public qui a ensuite voté pour sélectionner le vainqueur. Les résultats du vote ont été annoncés ce mardi 26 novembre.

Grand gagnant de ce concours inédit, Shaher Abbas, en charge de la région GCC au sein du groupe IFAAS, a affirmé que ce concept innovant aura un impact positif pour la finance islamique, souvent perçu comme trop restrictive à cause de ses règles très strictes. Heureux de pouvoir offrir aux banques une solution pratique « leur permettant de répondre de façon simple et compétitive aux besoins de leur clientèle professionnelle », il a ajouté : « ce produit de financement basé sur la Moudaraba, peu exploitée jusqu’à présent par les banques islamiques en raison notamment de ses risques inhérents, est en réalité l’un des concepts les plus authentiques de l’esprit financier islamique. Nous avons su apporter les solutions pour atténuer ces risques grâce à de nouvelles mesures de contrôle tout en restant strictement conforme aux normes de l’AAOIFI. Notre approche est aussi valorisée par le fait que ces procédés peuvent s’appliquer à d’autres contrats comme la Moucharaka ou encore la Wakala sous réserve de quelques ajustements mineurs. Cela permet en définitive d’élargir le périmètre de l’offre ».

Le produit IFAAS, certifié conforme par le Sharia-Board de l’Abu Dhabi Islamic Bank, se voit décerner le premier prix correspondant à la somme de 100 000 USD.

Présent au GIES, Farrukh Raza, Directeur général d’IFAAS Group, a déclaré : « Ce prix prestigieux consolide notre position de leader et confirme la bonne réputation de notre société sur le marché de la finance islamique. Ce produit axé sur la Moudaraba reflète aussi notre vision de l’intégrité financière islamique ».

Dr Farook Sayd, Global Head islamic Capital Markets chez Thomson Reuters, a pour sa part indiqué que : « A travers l’organisation de ce prix en partenariat avec Abu Dhabi Islamic Bank, nous voulions impulser une véritable dynamique d’idées « fraiches ». La finance islamique a besoin de cette innovation pour faire face à son rythme rapide de croissance. L’intérêt du marché pour cette compétition a dépassé nos attentes. Nous avons été ravis de voir le produit d’IFAAS faire sereinement son chemin vers le haut en passant les différentes étapes du processus de sélection rigoureux et transparent. Nous félicitons donc IFAAS pour avoir remporté le premier prix et nous espérons que cette vague d’innovation à laquelle elle contribue continuera de servir ses clients et le marché dans les années à venir ».

IFAAS Group a déjà conçu et structuré plus d’une centaine de produits financiers à travers le monde. Dédié exclusivement à la finance islamique, ce cabinet international propose également des prestations de conformité et audit sharia, d’analyses réglementaires, de modélisation financière, de support technique, de formation ou encore d’accompagnement pour le lancement d’institutions financières selon différents business-models. Leader dans le monde occidental, IFAAS Group est installé au Royaume-Uni, en France et au Royaume de Bahreïn. La société a notamment publié de nombreux rapports et études de marché réalisées dans une douzaine de pays.

 Source : Community manager Rachid Hamdaoui pour noorassur.com

Vitis Life se met à la finance islamique

Vitis Life intègre les principes de la finance islamique

« L’assureur vie luxembourgeois propose aux résidents français Amâne ExclusiveLife, un contrat islamique multisupport. Le produit, qui répond à des spécificités encore mal appréhendées par les distributeurs, est dédié à une cible réduite de prospects

L’assureur luxembourgeois Vitis Life propose à la commercialisation Amâne Exclusive Life, un contrat islamique multi support accessible à compter de 250.000 euros. Clairement, le concepteur vise une part réduite de prospects à la recherche, à côté de la souplesse financière autorisée par le Grand- Duché, d’une typologie de placements bien particulière.

Le concepteur du produit a d’ailleurs prévu d’accompagner le lancement du contrat d’une série de formations à destination des partenaires distributeurs.

 

CARACTÉRISTIQUES

  • Prime initiale minimale de 250.000 euros complémentaire minimale de50.000 euros
  • Frais de souscription : maximum 3,50% sur chaque prime brute
  • Frais d’arbitrage :   maximum 1% sur l’opération d’arbitrage
  • Frais d’administration :  maximum1,20% par an

Pour Nicolas Limbourg, directeur juridique chez Vitis Life, il faut expliquer que « ce contrat répond à toutes les exigences du Code des assurances français et que les mécanismes financiers sont en tout point similaires à ceux d’un contrat multi support classique, tout en insistant sur ses spécificités dont l’absence de participation bénéficiaire».

Parmi les autres particularités – mais non des moindres -, le contrat n’intègre pas de support en euros et i! est exclusivement investi en unité de comptes. Il ne comporte pas non plus de rente viagère, ni d’assurance complémentaire décès.

Par ailleurs, il restera au distributeur à se familiariser avec la terminologie propre à la finance islamique.

Aléa et clauses bénéficiaires.

Loin d’être une évidence, l’intégration de ce type d’investissement a nécessité une adaptation du contrat.

L’assureur a par exemple précisé la notion d’aléa telle qu’elle est définie en droit islamique en ajoutant dans les conditions générales que cet aléa (gharur) « se définit en droit commercial islamique comme toute transaction dans laquelle il y a tromperie ou ignorance (jahâla) sur l’objet du contrat ou ses éléments (qualité, caractéristiques, quantité…) ».

En conséquence, le document contractuel respecterait le droit islamique en ce qu’il serait dépourvu d’aléa tout en étant conforme au droit français dans la mesure où il demeure attaché à la durée de la vie du souscripteur.

Egalement revue et corrigée, une clause bénéficiaire spéciale prévoit que les héritiers légitimes musulmans, à savoir les parents, les enfants, les frères, les soeurs et les conjoints ne peuvent pas être bénéficiaires sauf accord

de chacun des autres héritiers légitimes au moment de la désignation bénéficiaire. Par ailleurs, les bénéficiaires, héritiers légitimes ou non, ne peuvent recevoir au-delà du tiers de la fortune du défunt. Mais des exceptions sont prévues puisque chacun des héritiers doit donner une autorisation au profit de l’héritier illégitime.

Une rédaction qui peut très vite s’avérer hasardeuse pour le souscripteur d’autant plus que s’il désire se conformer à la charia, à savoir la loi islamique, c’est à lui qu’il reviendra de respecter ces règles, l’assureur se dégageant de la responsabilité de vérification de sa conformité.

Charia compatible.

Pour l’heure, l’assureur a -seulement – associé à ce contrat treize fonds proposés, entre autres, par Amundi, BNP Paribas et Templeton, qui bénéficient eux-mêmes de leur propre certification. II serait également prévu de proposer des fonds internes dédiés également « charia compatibles».

Le contrat est certifié par le Comité indépendant de finance islamique en Europe (CIFIE). L’investissement des primes se fait exclusivement dans des unités de compte conformes aux principes de la finance islamique et exclut des sociétés dont l’activité principale concerne les secteurs du tabac, de l’alcool ou des services de la finance bancaire par exemple. L’assureur annonce que chaque unité de compte possède notamment son propre Charia Board,un comité des spécialistes, afin d’assurer le respect de la loi islamique.

Compte tenu de la cible réduite visée, Vitis Life mise sur une production d’une quarantaine de millions d’euros pour 2014. «A l’occasion de Patritnonia, nos partenaires ont témoigné de leur intéret pour ce projet, qui sera réservé dans un premier temps à des family officers et des banquiers privés», explique Nicolas Limbourg.

En France, il est à parier que ce contrat sera étudié avec intérêt par quelques compagnies d’assurances qui préparent également à destination de leur clientèle fortunée ce type de projets pour 2014.

  Source : Community manager Rachid Hamdaoui pour noorassur.com

Al Farooj débarque en France grace à la finance islamique

La société BIBARS SAS (« BIBARS »), leader français dans le développement et la distribution de concepts et produits affinitaires, annonce le succès du lancement d’un financement par émission d’obligations participatives (les « Sukuk ») pour une première tranche de près de 500 000 € (cinq cent mille euros).

BIBARS, titulaire de la Master Franchise en France du concept de restauration Al Farooj (concept de restauration « World Food » originaire de Dubaï), a bénéficié de cette émission de Sukuk pour financer l’ouverture de son premier restaurant pilote situé à Alfortville (94).

Les Sukuk, une innovation majeure de la finance islamique au service de l’économie réelle

Les Sukuk sont émises pour une durée de 5 ans maximum avec un taux de rendement espéré de 8% par an. Cette émission a été souscrite par des clients de la société 570 Asset Management, pionnier dans la conception et la distribution de produits financiers conformes à l’éthique musulmane en France (agissant en tant que Conseil en Investissement Financier, membre de la CNCIF, association agréée par l’AMF sous le N° D011819).

« Nous sommes ravis d’avoir réalisé avec succès cette première tranche de financement qui s’inscrit dans un projet global d’une cinquantaine d’ouvertures de restaurants sur la prochaine décennie, dans ce secteur alimentaire affinitaire en expansion à deux chiffres » indique Atmane Idrissi, le président de Al Farooj France SAS, l’émetteur des Sukuk.

Une finance pour les entrepreneurs.

Selon Anass Patel, président de 570 AM, conseil de BIBARS pour l’opération, « les Sukuk sont considérés comme les meilleurs vecteurs pour le développement de l’économie réelle, du fait de leur spécificité comme outil de finance participative entièrement adossé à des actifs réels, loin de toute spéculation. Ils permettent un parfait alignement d’intérêts entre les investisseurs et les entrepreneurs, de plus en plus nombreux à chercher des solutions alternatives au financement bancaire ».

Pour Arnaud de Brosses « cette émission de Sukuk est l’aboutissement d’un processus lancé en 2008 par Christine Lagarde, elle constitue une avancée importante pour le financement des investissements des PME ».

L’émission des Sukuk a fait l’objet d’une validation de conformité à l’éthique musulmane (fatwa) par un membre permanent du comité de conformité éthique ACERFI. L’opération a été conseillée par le cabinet d’avocats Renault, Thominette, Vignaud.

 

A propos de BIBARS et de Al FAROOJ France

BIBARS est un acteur majeur de la restauration halal AVS en France avec les restaurants Alambra et les sandwicheries H Express. Outre son activité de distribution de produits affinitaires, la société se positionne sur le marché de la restauration rapide avec le lancement de cette nouvelle marque forte ayant bénéficié d’un grand écho dans la presse spécialisée et montrant la forte attente de la clientèle visée (jeunes, familles, urbains,…).

Al Farooj est la première chaîne de restaurants fast casual en France. L’enseigne, spécialisée dans le poulet, se distingue par son concept 3 en 1, réunissant les trois meilleures offres du fast food moderne tout en apportant sa touche d’exotisme. Initialement présente au Moyen-Orient, la chaine se développe partout à l’international, de l’Asie à l’Europe.

Adresse du 1er point de vente :

AL FAROOJ ALFORTVILLE

33 rue de Choisy

94140 Alfortville

Pour toute autre information, merci de vous adresser à communication@bibars.fr pour le concept de Al Farooj et à contact@groupe570.com pour le financement participatif (sukuk).

  Source : Community manager Rachid Hamdaoui pour noorassur.com

Entretien avec Anouar Hassoune

Anouar Hassoune Bonjour et Merci de nous avoir accordé cette interview

I-E : De par votre expérience, comment positionnez-vous la finance Islamique, de nos jours, dans le système financier mondial?

A.H: Guère plus de 40 années nous séparent de l’émergence des premières banques islamiques ; au tournant du millénaire, le marché des sukuk (prononcez « soukouk », c’est-à-dire les obligations islamiques) était virtuellement inexistant. Aujourd’hui, les estimations convergent : le marché financier islamique, qui regroupe les quelques 300 banques conformes à la Charia, les compagnies de « takaful » (ou assurance mutualiste islamique), et les fonds d’investissement respectueux des principes de l’islam financier, représente plus de 1200 milliards de dollars à la fin de l’année 2011. Le seul marché des sukuk, avec ses 250 milliards de dollars, a déjà plus que doublé le PNB d’un pays comme le Maroc !

La finance islamique est davantage complémentaire de la finance conventionnelle que directement substituable à cette dernière. La finance islamique ne saurait, au stade actuel de son développement, prétendre à remplacer la finance conventionnelle. La finance islamique moderne n’a guère plus de trente ans. Le total de ses actifs correspond à moins de 1% des actifs bancaires de la planète. A titre de comparaison, les actifs consolidés portés au bilan de la seule BNP Paribas représentent plus du double de la taille de la finance islamique dans son ensemble! Certes la finance islamique connaît des taux de croissance impressionnants, mais cette industrie reste une niche. Ensuite, les institutions financières islamiques ont encore besoin des services que peuvent leur rendre leurs consœurs conventionnelles. En effet, au regard du principe d’interdiction de l’intérêt, la gestion de leur liquidité et de leurs risques, via des instruments dérivés en particulier, ne peut se faire de manière efficace qu’avec l’appui de banques conventionnelles partenaires.

Un exemple intéressant en la matière est celui des compagnies d’assurance islamiques, dites compagnies de takaful : ces dernières font appel à des services de réassurance ; mais comme les sociétés de re-takaful sont encore faiblement développées, les compagnies de takaful s’appuient sur des ré-assureurs conventionnels. Enfin, au sein des pays musulmans du golfe Persique nous estimons qu’un client sur cinq se dirige spontanément vers des services financiers islamiques ; ce qui veut dire que 80% des clients sont encore séduits par des produits de financement, de placement et d’investissement conventionnels. Cela s’explique par deux raisons : d’une part l’argument religieux ne fait pas mouche à tous les coups ; et d’autre part, la finance islamique n’a pas encore réussi à offrir une gamme de produits suffisamment vaste pour concurrencer de manière frontale l’offre conventionnelle. Cela dit, se prévaloir de son caractère islamique fournit à une institution financière un moyen de différenciation stratégique non négligeable, surtout auprès de la clientèle des particuliers. Il ne faut pas oublier que les clientèles dites « corporates », c’est-à-dire celles des entreprises, valorisent finalement assez peu l’onction religieuse des produits : seuls les intéressent le prix et la qualité du service rendu.

I-E : Les investisseurs confondent entre un titre de créance et les Sukuk, quelle est votre explication ?

A.H : Les sukuk sont souvent, à tort ou à raison, assimilés à des obligations islamiques. Le concept de sukuk est toutefois plus large que celui de simples obligations. Cette notion renvoie à un certificat d’investissement, qui représente une quote-part dans un véhicule dédié, servant lui-même à investir dans des actifs tangibles (des biens immobiliers ou mobiliers, industriels ou fonciers), générateurs de rendements. Ces rendements sont ensuite versés, sous forme de rémunération périodique, aux détenteurs de parts. Ces rendements ne sont pas des intérêts (riba), puisqu’ils ne rémunèrent pas le seul passage du temps, mais la propriété économique de biens réels au service de l’économie réelle.

Il existe de nombreuses formes de sukuk. Certaines sont économiquement plus proches de titres de propriété, si leurs rendements sont très variables dans le temps et que leur niveau de risque est relativement plus élevé ; d’autres sont économiquement plus proches de titres obligataires, si leurs rendements sont très stables dans le temps, et que leur niveau de risque est relativement plus modéré. Dans de nombreux pays, les émissions de sukuk sont monnaie courante. Notamment, en Asie du Sud-Est et dans le Golfe persique, les sukuk sont des instruments courants et habituels de financement de l’économie réelle. Ils sont émis par des Etats, des collectivités locales, des entreprises industrielles, commerciales ou de services, des banques (surtout islamiques au demeurant) ou des sociétés financières.

Les raisons de la confusion résident sans doute dans le fait que la très vaste majorité des sukuk disponibles sur le marché sont des titres obligataires. Les sukuk dits « equity », c’est-à-dire les certificats d’investissement islamiques en fonds propres, sont rares car sans doute plus risqués. De nombreux investisseurs préfèrent le plus haut niveau de certitude offert par les sukuk dits « de dette » ou « obligataires », à tel point que le concept de sukuk s’est peu à peu confondu avec celui d’obligations islamiques… ce qui demeure un abus de langage, soyons-en sûrs !

I-E : Pouvez-vous nous lister les différentes initiatives que vous avez prises afin de promouvoir les produits islamiques en France ?

A.H: Tout d’abord, je vous prie de noter qu’HASSOUNE CONSEIL n’est pas la seule société qui promeut les produits financiers « halal » en France… Loin s’en faut ! Nombreuses sont les institutions qui ont fait le pari de développer une telle offre, tant le marché semble important.

Tout d’abord, la filiale française de Banque Chaabi offre aujourd’hui un compte courant islamique. Cette banque est aussi en train de tester des financements hypothécaires islamiques, sous format de murabaha. Ensuite, nous avons récemment, avec SwissLife et le courtier CFCI, développé un contrat d’assurance-vie islamique de droit français, adossé à une unité de compte en fonds de fonds islamiques, géré par une société de gestion luxembourgeoise, Casa4Funds. Enfin, nous avons lancé les premiers sukuk français, adossés à des panneaux photovoltaïques produisant de l’énergie verte. Ces sukuk sont des sukuk en fonds propres, pas des titres de dette. Easi 570 a permis en outre, tout récemment, une émission de sukuk adossée à une chaîne de restauration halal en France.

Les prochaines étapes consistent à : i) généraliser l’accès aux murabahas hypothécaires ; ii) fournir des possibilités d’épargne par le biais de dépôts à terme islamiques ; et iii) fabriquer des contrats d’assurance dommage et d’assistance islamiques, dits « family takaful » ou « non-life takaful ». De cette manière, l’offre produit sera plus exhaustive, quoique toujours atomisée.

I-E : Nous savons que vous étiez à l’initiative de la première assurance vie islamique en France, acceptez-vous de nous parler de cette expérience ? En particulier, Les gens croient que l’assurance vie est non conforme avec les principes de la « Sharia », pouvez-vous nous apportez des éclairages par rapport à ce sujet ?

A.H: Bien sûr !

Pour ma part, je suis l’un des directeurs de la SICAV, c’est-à-dire du fonds d’investissement, qui servira de sous-jacents et de support au contrat d’assurance-vie, fourni par SwissLife.

Une SICAV est Société d’Investissement à Capital Variable. Cette société servira d’Unité de Compte pour le contrat d’assurance-vie, c’est-à-dire de réceptacle pour les souscripteurs des clients qui choisiront d’investir par le biais de ce contrat d’assurance-vie islamique. Forte de ces souscriptions, la SICAV investira à son tour dans de nombreux fonds islamiques. La SICAV étant un fonds investissant lui-même dans d’autres fonds, on appelle cela un « fonds de fonds islamiques ».

Beaucoup pensent que l’assurance-vie est incompatible avec l’islam. Si un tel point de vue est tout à fait compréhensible, il faut désormais ôter cette idée de notre esprit. En effet, tout d’abord, un contrat d’assurance-vie est un produit de placement. Cela n’a rien à voir avec l’assurance dommage, dont la vocation est de protéger contre les risques de la vie. Ensuite, il faut aussi savoir que l’assurance-vie est notre produit financier préféré, ici en France. Une assurance-vie est une sorte de contenant, une boîte dans laquelle le souscripteur (le client) trouvera deux grandes catégories d’investissement : d’une part, le Fonds Euro ; et d’autre part, les Unités de Compte. Le Fonds Euro est en général investi en obligations, c’est-à-dire en titres de dette. Les Unités de Compte en revanche sont investies dans d’autres classes d’actifs, notamment des fonds. Dans le cas d’espèce de notre fonds de fonds, les fonds sont islamiques. En soi, le contenant « assurance-vie » ne pose pas de problème de conformité, modulo bien sûr l’impossibilité de souscrire à la garantie décès. Pour ce qui est du Fonds Euro, il semble naturel de l’exclure puisque les obligations sont des instruments de taux d’intérêt, ce qui est illicite en Islam. Nous pourrions substituer à ces obligations des sukuk; cela dit, il n’y a quasiment pas de sukuk libellés en euros. Par conséquent, le contrat que nous proposerons ne contiendra pas de Fonds Euro, mais une Unité de Compte, la SICAV au demeurant.

La SICAV investit dans un portefeuille diversifié de fonds islamiques, et il y en a beaucoup en Europe. Chacun de ces fonds est lui-même très diversifié. Par conséquent, le fonds de fonds islamique qui servira d’Unité de Compte du contrat d’assurance-vie disposera d’un degré de diversification très élevé in fine. Son éthique réside dans le respect très strict des principes de l’islam financier : pas d’intérêt, pas de spéculation, pas d’excès de dette, pas de secteur illicites, un partage systématique des rendements entre toutes les parties prenantes et un adossement permanent à l’économie réelle. C’est parce que la finance islamique est un compartiment éthique de la finance globale que le fonds de fonds, en y adhérant, devient lui-même éthique. Dans la pratique, qu’est-ce que cela signifie ? Prenez par exemple les fonds « actions » dans lesquels la SICAV ne manquera pas d’investir. Les « actions islamique » sont celles émises par des sociétés qui font peu appel à la dette pour se financer ; elles sont aussi actives dans des secteurs utiles à l’économie réelle, comme l’énergie, la santé, la construction, les travaux publics, l’eau, les transports ou les technologies. En outre, le fonds ne s’endettera pas ; on dit qu’il ne fera pas appel à « l’effet de levier ». Le fonds n’utilisera pas non plus de produits dérivés conventionnels, considérés comme trop explicitement spéculatifs. Enfin, le fonds ne pratiquera pas la vente à découvert, technique qui consiste à vendre ce qu’on ne possède pas encore. Ainsi, le fonds ne pourra pas « parier » à la baisse, mais uniquement investir dans des fonds islamiques que la SICAV considère comme sains, peu risqués, transparents et bien gérés.

I-E : Vous avez lancé un fonds Islamique investi en énergie verte, quelle est sa spécificité ?

A.H: Techniquement, ce n’est pas un fonds, mais des sukuk. Ces sukuk 100% français, nommés Orasis et commercialisés par Legendre Patrimoine à Paris, prennent la forme de droits aux bénéfices sociaux et ouverts aux particuliers, mais aussi aux investisseurs institutionnels : ces droits sont émis par une Société En Participation (SEP) ou une SARL, qui acquiert –grâce aux fonds ainsi collectés- du matériel photovoltaïque, c’est-à-dire des panneaux solaires. Ces panneaux sont ensuite mis en location auprès de sociétés d’exploitation et de production d’énergie propre, vendue à EDF. Sous contrat d’ijara (bail), les loyers ainsi capturés par la SEP/SARL sont ensuite reversés aux souscripteurs des sukuk, et sont dans une large mesure optimisés d’un point de vue fiscal. Le rendement contractuel est d’ailleurs de 7% pour une part de SEP qui vaut 5890 euros en France métropolitaine et 5425 euros dans les DOM-TOM (y compris la TVA récupérable). Les rendements sont versés semestriellement. L’investissement est donc un multiple de 5890 euros et les investisseurs peuvent acquérir autant de parts qu’ils le souhaitent, dans la limite des parts émises bien entendu. Collectivement, les souscripteurs deviennent propriétaire d’une ou plusieurs centrales photovoltaïques. Les rendements sont nets d’impôts pendant 10 ans, et bénéficient d’un abattement de 71% au-delà de 10 ans.

En d’autres termes, « la finance verte rejoint l’énergie verte » ! Orasis, le produit de Legendre Patrimoine, est doublement responsable : il respecte les principes d’une finance éthique ET dirige l’investissement vers une activité économique écologique et soutenable. La finance islamique se met au service de l’investissement écologique, socialement responsable et économiquement soutenable. On ne peut guère faire plus éthique que cela !

Le prix des centrales photovoltaïques fabriquées varie entre 60 000 euros et 2 000 000 euros selon la taille des toitures. Les souscripteurs étant propriétaires d’une partie d’une centrale installée sur une grande toiture, dans le sud de la France notamment, chacun sait « où va son argent ». En outre, ce produit est 100% français, ce qui signifie que l’investissement est au service de notre économie, pas du marché immobilier américain ou de stratégies hautement spéculatives sur des dérivés actions ou des instruments virtuels. C’est une solution d’épargne industrielle. Contractuellement, le capital est partiellement sécurisé par une promesse de rachat au bout de 10 ans, mais cette promesse ne vaut que sur 87% du capital investi. Cela dit, l’investisseur qui souhaite se conformer parfaitement aux principes de la finance islamique ne souscrira pas à cette promesse, et cèdera au prix du marché ou au prix convenu au moment de la cession. Pour que la rentabilité soit optimale, le placement doit être conservé au minimum 10 ans, suite à quoi l’investisseur peut céder ses parts de gré à gré, à un prix négocié. Cela dit, la liquidité du produit existe, en ce sens que les investisseurs peuvent « sortir » lorsqu’ils le souhaitent, modulo une fiscalité moins avantageuse en-deçà de 10 années.

Le secteur des énergies renouvelables en général, et photovoltaïques en particulier, est devenu économiquement et financièrement intéressant. La France est très en retard par rapport à d’autres pays européens en matière de production d’énergie propre. Elle a l’obligation d’atteindre certains quotas. Ainsi l’Etat français encourage l’investissement dans le solaire et l’éolien. Dans ce schéma, EDF a l’obligation d’acheter cette énergie à un tarif garanti sur une longue période et relativement élevé. En outre, les avantages fiscaux ne sont pas négligeables.

I-E : Vous êtes au courant que le Maroc est en phase de finaliser une loi sur la finance islamique, envisagez-vous quelques projets pour le royaume ?

A.H: Le Maroc est en effet une terre de prédilection, a priori, pour la finance islamique. Les quelques études qui y ont été menées afin de mesure l’appétence de la clientèle pour des services financiers islamiques le confirment sans ambiguïté. Dans cette perspective, la loi en discussion au Parlement est une étape nécessaire et cruciale, afin de cerner le cadre dans lequel pourra se déployer une offre financière islamique dans le Royaume. Mais, vous le savez, ce ne sera pas suffisant. Ce ne sont pas les lois qui font les affaires ; les premières ne font qu’autoriser les secondes. Et dans ce contexte, les perspectives sont immenses : i) il faudra créer une banque islamique de toutes pièces ; ii) s’assurer que le ou les conseil(s) de conformité s’attèle(nt) à la validation des produits ; iii) prévoir une offre de takaful ; iv) fabriquer des produits d’épargne non bancaires, c’est-à-dire constituer un marché islamique de capitaux, notamment en matière de sukuk et de fonds islamiques ; v) veiller à ne pas « oublier » la micro-finance islamique ; iv) s’attacher à faire preuve de pédagogie afin d’éviter les contresens sur ce qu’est ou n’est pas la finance islamique ; vii) pérenniser la formation des spécialistes et experts à même de dynamiser l’offre financière islamique marocaine ; et viii) à terme, faire rayonner la finance islamique marocaine en dehors de ses frontières naturelles. Le chantier est certes considérable, mais les objectifs ne sont en rien inatteignables… au contraire ! Si HASSOUNE CONSEIL peut apporter sa pierre à cet édifice, notre société en serait honorée. Pour le moment, nous contribuons à la formation des cadres de la future industrie financière islamique marocaine, mais nous ne sommes pas (encore) allés plus loin. Pourtant, des idées et de l’expérience, nous en avons beaucoup…

I-E : Et les énergies renouvelables, avez-vous des idées pour combiner les produits verts et l’économie verte dans notre pays?

A.H: Oui. Le secteur des énergies vertes est très consommateur de ressources financières : les projets sont massifs, longs… mais rentables. Par conséquent, le point de départ est de constituer un fonds islamique pour les énergies renouvelables marocaines, avec deux compartiments : d’une part, un compartiment « equity », dédié à la capture des fonds investis en fonds propres dans les projets (plus rentables et plus risqués) ; et d’autre part, un compartiment « de dette » islamique, lui-même scindé en deux sous-compartiments, l’un réservé aux banques islamiques (ou conventionnelles capables de prêter de manière Shari’ah-compatible) et l’autre sous la forme d’émission de sukuk « verts ». Ces deux compartiments devraient prévoir chacun une allocation en dirhams ET une allocation en devises, de telle sorte que les investisseurs puissent provenir tant de l’intérieur que de l’extérieur. Ce fonds pourrait être géré en co-tutelle par un acteur domestique ET un spécialiste de l’asset management des projets d’énergies vertes, comme il en existe un certain nombre tant au Maroc qu’à l’étranger. Une fois la structure en place, sa promotion en interne et en externe pourrait être démultipliée par l’implication active des hautes autorités du Royaume, en prévoyant par exemple le parrainage du roadshow par le Premier Ministre lui-même.

Anouar Hassoune, merci d’avoir accepté de nous apporter ces éclairages. Au revoir.

 Source : Community manager Rachid Hamdaoui pour noorassur.com

Premier OPCI halal en France

Le 23 mars 2012 est une date historique pour La Française AM : c’est celle de la création du premier OPCI (fonds commun de placement immobilier doté de règles d’investissement simplifiées, avec recours à l’effet de levier) conforme à la Sharia et pour le compte notamment d’une des plus grandes banques islamiques de financement et d’investissement au monde, basée au Koweït. Cet établissement préfère ne pas dévoiler son identité, car la majeure partie de ses activités d’investissement à l’international se déroule dans la plus grande confidentialité.

Considéré comme le premier produit de ce type en France, ce nouvel OPCI conforme à la Sharia est le véhicule choisi pour financer l’acquisition d’un immeuble de bureaux situé 91 boulevard Saint Michel, dans le 5ème arrondissement de Paris. Ce bâtiment a été racheté conjointement avec la banque koweïtienne. Il est actuellement loué à France Télécom aux termes d’un bail de 10 ans et a été cédé par Foncière des Régions, pour un montant d’environ 46 millions d’euros. L’acquisition a été financée en partie par un crédit Murabaha (prêt structuré pour être compatible avec les règles de financement islamiques et ne portant pas d’intérêts).

La Française AM et la banque d’investissement islamique ont conclu un partenariat sous forme de joint-venture en 2010, dans l’objectif de sélectionner et gérer les actifs de projets immobiliers « core » conformes à la Sharia en France. La banque islamique estime en effet que le marché français revêt une importance stratégique dans son allocation internationale. Elle a donc décidé de s’allier avec un partenaire local d’envergure et expérimenté, La Française AM, pour mettre en oeuvre une stratégie d’investissement efficace.

Le Responsable de la Division Immobilier International de cette banque islamique a déclaré : « Nous sommes ravis de ce premier partenariat avec La Française AM, qui est un acteur local de renom. Cet investissement représente la pierre angulaire de nos placements futurs sur le marché immobilier français. Notre choix s’est porté naturellement sur La Française AM, qui bénéficie d’un historique étendu et fructueux, ainsi que d’une assise financière robuste. »

« Grâce à cette opération innovante, La Française AM se positionne comme le partenaire de premier choix pour des investisseurs étrangers qui ciblent le marché immobilier français », commente Patrick Rivière, Directeur Général de La Française AM.

Source : Community manager Rachid Hamdaoui pour noorassur.com

Premier compte courant halal en France

Les musulmans de France peuvent enfin disposer d’un compte courant 100%.

Les comptes Chaabi Harmonis sont conformes aux principes de la finance islamique.

Ils vous donnent accès à tous les services bancaires classiques.

Ce compte vous permet de gérer vos transactions quotidiennes, recevoir et effectuer vos virements, vos versements et payer vos différents achats et prélèvements.

Au travers d’une convention de compte de dépôt personnalisée, Chaabi Bank s’engage à :

  1. Ne pas verser d’intérêts sur vos dépôts
  2. Utiliser vos fonds uniquement dans des produits et financements compatibles avec les principes de la finance islamique
  3. Séparer vos dépôts des fonds conventionnels
  4. Se faire contrôler et auditer par un comité de savants musulmans indépendants pour garantir la conformité de votre compte courant aux préceptes islamiques.

Autres avantages associés au compte Chaabi Harmonis : Un suivi personnalisé de votre compte

  1. Une carte bancaire pour les retraits et paiements
  2. Un chéquier personnalisé
  3. La gestion de votre compte par Internet
  4. Des tarifs compétitifs pour les frais de gestion

Une question, une demande, un renseignement… n’hésitez-pas à nous écrire à l’adresse :  harmonis@chaabibank.fr, l’équipe Chaabi Harmonis se fera un plaisir de vous renseigner.

Source : Community manager Rachid Hamdaoui pour noorassur.com