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Voies de femmes la finance islamique une approche feminine

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L’épargne dans la balance de l’Islam, principes et pratiques

 

L’épargne dans la balance de l’Islam, principes et pratiques :

Par Tarik Bengarai Abou Nour, porte parole du Chari’aBoard du CIFIE (Comité Indépendant de Finance Islamique en Europe : www.cifie.fr)

 

La relation avec l’argent dans l’économie capitaliste est basée essentiellement sur des éléments qui n’obéissent à aucune règle morale car le capitalisme est par essence amorale et libre de toute « contrainte ». On trouve les spéculations hasardeuses, l’aléa excessif, les crédits à intérêt, des actifs impurs voir toxiques, parfois non détenus…Le monde de la finance a souffert de crises cycliques dont les germes sont encore présents malgré les recommandations et les appels à la réforme des plus grands économistes qui se sont assagis depuis la dernière crise 2008 des supprimes et celle des dettes souveraines.

L’épargne classique non islamique qui est très répandu dans notre époque, est basée sur une rémunération de l’emprunt des épargnants par la banque à travers un taux d’intérêt, ce qui constitue du Ribâ et donc interdit explicitement par les sources scripturaires de l’islam. Et ce n’est pas tout, car l’argent est investi par la banque dans des secteurs qui ne sont pas forcément licites au regard du droit musulman (marché obligataire, actifs impurs…)

L’éthique islamique ne règle pas uniquement les relations de l’individu avec son Seigneur mais également les relations des individus entre eux et avec l’argent. Son but est le bonheur de l’individu dans ce monde et dans l’autre et la réalisation de son équilibre tant matériel, morale que spirituel.

Le modèle économique islamique est différent du capitalisme et du communisme. L’argent en Islam est à Dieu et non pas à l’individu ni à l’Etat. Bien que la propriété individuelle en islam est reconnue, respectée et sacrée, l’être humain est le lieutenant (Khalîfa) de Dieu sur terre et donc responsable de la bonne gestion de sa propriété et des ressources que Dieu lui a confié le temps de sa vie éphémère et par lesquelles Il l’a gratifié.

L’utilisation de l’argent pour l’islam occupe une place importante, ainsi selon les sources scripturaires chacun sera interrogé au jour du jugement sur sa provenance, son utilisation et le paiement des doits de Dieu et des pauvres. La zakât, ou aumône purificatrice légale, constitue ce droit de Dieu et des pauvres à honorer obligatoirement et elleest le troisième pilier de l’Islam.

Le but de la zakât (l’aumône purificatrice légale) est de réaliser l’équilibre et la justice sociale, d’empêcher le monopole de l’argent par les riches et encourager la circulation des biens.
Celui qui s’acquitte de la zakât protège son argent et le bénie. Il purifie par là son cœur, élève son âme et fait fructifier ses biens. Dieu lui multiplie les mérites.

bn ‘Umar a dit : « Toute richesse sur laquelle on prélève la zakât n’est pas considérée comme thésaurisée, même si elle est enfouie au fin fond du sol. Mais toute richesse sur la quelle la zakât n’est pas prélevée est considérée comme thésaurisée même si elle n’était pas cachée ».

On comprend ainsi que toute épargne est autorisée si cette obligation est respectée. C’est l’avis du Jumhûr (les quatre écoles sunnites reconnues)

La vision islamique de l’épargne encourage une épargne active où l’investissement de l’argent épargné permet de partager les profits et dynamiser l’économie.

Selon la norme 40 de l’AAOIFI[1], les dépôts des banques dites islamiques peuvent être classés en trois principales catégories avec le devoir du respect de la loi islamique garantie et contrôlé par les Chari’aBoard (comité de conformité au droit commercial islamique), les dépôts à vue, les comptes d’épargne et les comptesd’investissement.

Concernant les comptes d’épargne, la norme 40 de l’AAOIFIdistingue entre deux types de comptes d’épargne :

– Les comptes d’épargne gérés selon le principe de Wadî’ah : la banque est autorisée àutiliser les fonds et à distribuer des revenus sous forme de dons (Hiba) à sa propre discrétion.

Al-Wadiah étant le contrat conclu entre la banque et le client. Ce dernier autorise la banque à utiliser ses dépôts pour toute fin permise par la loi islamique tout en les garantissant (car c’est une Amâna (dépôt)).

– Les comptes d’épargne gérés selon le principe de Moudârabah (appelé également Qirâd) :

Etymologiquement : la Moudârabah est tirée du terme « ad-darbfî al-ard » : c’est-à-dire le fait de parcourir la terre… Le fondement scripturaire de ce contrat repose sur la Moudâraba du Prophète (paix et salut sur lui) avec son épouse Khâdija, il faisait le commerce avec l’argent de Khâdija (qui possédait le capital et lui faisait l’effort (travail) et le commerce avec cet argent).

Les règles régissant cette catégorie de comptes sont les mêmes que celles des comptes d’investissement. Il s’agit ainsi du contrat par lequel le client autorise la banque à utiliser ses dépôts en partageant les profits selon un ratio (pourcentage) prédéterminé. Le (ou les) apporteur du capital financier dit « Rab al mal » (dans ce cas les épargnants) apporte l’ensemble des capitaux financiers  et la banque ou les gestionnaire de l’actif dit « Moudarib » va apporter son capital travail. En cas de perte, l’apporteur des capitaux financiers subi une perte financière et le Moudarib subi une perte de son coût d’opportunité (temps et travail).

Cette solution permet ainsi à l’épargnant, détenteur de capitaux, d’investir, et à la banque ou au gestionnaire de fonds de bénéficier de capitaux financiers. Mais, contrairement à l’épargne classique (qui souffre du Ribâ : intérêt), ici celui qui apporte le capital partage les profits et les risques avec celui qui va travailler. Le Moudarib et Rab al mal conviennent ainsi de pourcentage (dans la répartition des bénéfices) et non d’un montant défini garantie. Enfin, le Moudarib n’assure pas le capital (ne le garantit pas) (sauf s’il y a manquement avéré de sa part).

On peut citer utilement également le contrat Mushâraka (partenariat actif/société) qui est utilisé pour différents formes d’investissements et doit respecter la règle d’or dite des 3 P (principe de Partages des Profits et des Pertes).

Ou encore le contrat Istisnâ’ utile pour la construction comme alternatif islamique à la vente en état futur d’achèvement ou encore le Salam dans le domaine agricole.

Existe-il en France de l’épargne conforme au droit islamique ?

Depuis 2012, des solutions respectant la loi islamique existent et permettent ainsi une alternative aux comptes d’épargne non Halal. On cite notamment le Salam Epargne Placement reposant sur une soixantaine de fonds Chari’a et sur du Sukuk (alternatif islamique des obligations classiques cf. notre article à ce sujet), basée sur le principe de Wakala (mandat de gestion) et de Moudâraba et enfin Amâne Exclusif Life né en octobre 2013. Ces contrats d’épargne alternatifs ont été étudiés et certifiés conforme à la Chari’a par les shuyukhs du Chari’aBoard du CIFIE (Comité Indépendant de Finance Islamique en Europe), et ils sont soumis à un audit chari’a régulier afin de s’assurer de la continuité du respect dans le temps des principes et de la charte chari’a initiale ainsi que du cercle d’investissement émis.

Nous espérons que d’autres initiatives françaises émergent pour répondre à ce marché important, la demande est très importante -car rappelons le- la France est le pays où se trouve le plus grand nombre de musulmans en Europe occidentale et la religion musulmane est la deuxième religion de notre pays.

 

Pour celles et ceux désireux de mieux comprendre la finance islamique et ses principes et en savoir plus, nous vous suggérons le livre de Mr Tarik Bengarai à ce sujet :«Comprendre la Finance Islamique : Principes, Pratiques et Ethique» éditions Les 4 Sources, Paris, année 2009.

Source Tarik bengarai : CIFIE .fr

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